Les réseaux de recommandation structurés reposent presque tous sur la contrainte : un nombre de pistes attendu chaque semaine, un tableau de bord où chacun voit la couleur des autres, des absences comptées, et à la fin, l'exclusion. Cela fonctionne — les chiffres de ces réseaux le prouvent — et cela use : beaucoup de dirigeants en sortent au bout d'un ou deux ans, lassés d'avoir à produire.
Ce que nous avons enlevé
Pas de quota de pistes. Pas de classement public. Pas de sanction pour une absence, tant qu'elle est annoncée. Pas d'obligation de repas. Un dirigeant qui traverse trois mois difficiles reste membre, et on lui donne des pistes plutôt que des points rouges.
Ce que nous avons gardé
La mesure. Chaque piste est écrite et suivie ; sa suite est notée par celui qui l'a reçue, et ceux qui le souhaitent la racontent en séance. Chaque membre tient son carnet de pistes — le compte des pistes qu'il a données, reçues, et de celles qui ont abouti. Le carnet est confidentiel : la guide le voit, le membre le voit, personne d'autre. Deux fois par an, la guide le remet à chacun avec un commentaire, en tête-à-tête.
Ce que la contrainte publique obtenait par la peur, le carnet privé l'obtient par l'honnêteté vis-à-vis de soi-même. Un membre qui a reçu douze pistes en six mois et en a donné une le sait, sans qu'on ait besoin de le lui afficher.
Là où la règle mord quand même
À l'admission, et au renouvellement. On n'entre pas dans un cercle sans deux séances en visiteur et un entretien avec la guide, et on n'y reste pas si l'on ne vient pas : l'engagement est de trois séances sur quatre par trimestre, avec la possibilité de se faire représenter par un associé deux fois par saison. Trois absences non représentées dans un trimestre valent un entretien ; six dans la saison, une place libérée à la fin de la saison. C'est la seule sanction, et elle est rarement nécessaire — un membre qui ne vient pas s'en va généralement de lui-même.
Ce que nous ne savons pas encore
Si, sur la durée, un réseau sans quota produit autant de pistes qu'un réseau avec. Nous le mesurerons, cercle par cercle, saison par saison, et nous le dirons. Notre pari est que la qualité des pistes compte plus que leur nombre, et qu'un dirigeant qui reste cinq ans en donne plus qu'un dirigeant pressé qui part au bout d'un.


