Un dirigeant de petite société ne dispose pas de ses matinées. S'il en donne deux par mois à un réseau, il faut que chaque minute compte, et surtout qu'il sache à quelle heure il en sort. La séance Cercle Capitales dure quatre-vingt-quinze minutes, commence à l'heure et finit à l'heure. Voici ce qu'elle contient.
0 – 15 min : l'accueil
Café, viennoiseries, et le premier quart d'heure qui compte plus qu'on ne croit : c'est là que les membres se parlent librement, que les invités sont présentés à deux ou trois personnes, que les nouvelles s'échangent. Le responsable accueil, un membre élu, reçoit chacun et veille à ce qu'aucun invité ne reste seul.
15 – 20 min : l'ouverture
Le président du cercle — un membre élu pour la saison, pas un salarié — ouvre la séance : il nomme les invités, accueille les nouveaux membres, donne les annonces. Cinq minutes, jamais plus.
20 – 40 min : le tour de table
Chacun a trente secondes pour dire ce qu'il cherche ce mois-ci. Le responsable carnet conduit le tour et fait un signe discret à quarante secondes, sans chronomètre affiché. Pas ce qu'il fait : ce qu'il cherche. « Un dirigeant de PME qui change d'expert-comptable », « un immeuble à ravaler dans le 9e », « une société qui recrute un commercial ». Trente secondes, c'est court ; c'est le format qui oblige à être précis, et c'est la précision qui permet aux autres de trouver une piste.
40 – 70 min : l'intervention
Trente minutes portées par un membre ou par un intervenant — un dirigeant extérieur qui a vécu ce qu'il raconte : une transmission, une croissance externe, une réorganisation, un échec. L'intervention n'est pas une publicité : elle doit être utile à ceux qui n'achèteront jamais rien à l'intervenant. Le programme de la saison est fixé en septembre.
70 – 80 min : le point des pistes
Les pistes ont été saisies avant la séance dans l'application. Le président du cercle annonce combien ont été remises depuis la dernière fois — jamais par qui, ni à qui — et donne la parole à ceux qui veulent remercier ou raconter une suite : rendez-vous pris, devis envoyé, affaire signée. Une phrase, sans montant, et seulement si on le souhaite. C'est le moment où le réseau mesure ce qu'il produit, sans classement et sans quota.
80 – 95 min : la vie du cercle
Le responsable programme présente ce qui vient : les lignes encore ouvertes, les tables de métier du trimestre, la sortie sur l'autre rive, la date de la prochaine soirée. Les invités disent en une phrase ce qu'ils ont retenu. Le président du cercle clôt en donnant la date et l'intervenant de la séance suivante. Puis chacun repart, à 9 h 20 pour une séance du matin, à 19 h 35 pour une séance du soir.
Qui tient la séance
Les membres eux-mêmes. Chaque cercle élit pour la saison un bureau de quatre personnes : le président du cercle, le responsable accueil, le responsable carnet et le responsable programme. La guide, salariée du réseau, n'anime pas : elle recrute, reçoit les candidats, forme les bureaux et vient observer une séance par mois — toutes les séances pendant les trois premiers mois d'un cercle.
Pourquoi l'horaire ne bouge pas
Parce que le respect du temps des autres est la première marque de respect entre dirigeants, et parce qu'un réseau qui déborde perd d'abord ses membres les plus occupés — ceux-là mêmes qui donnent les meilleures pistes. Les tête-à-tête, les cafés qui s'éternisent, les affaires qui se discutent : tout cela a sa place, après, et ailleurs.


